Lorsqu'un proche âgé doit intégrer une maison de retraite, la question du financement devient rapidement une source d'inquiétude majeure pour les familles. Entre idées reçues et méconnaissance des dispositifs d'aide, il n'est pas toujours facile d'y voir clair. Qui doit payer en priorité ? La famille doit-elle obligatoirement contribuer ? Quelles aides existent ? Ce guide complet vous aide à comprendre les responsabilités de chacun et à identifier toutes les solutions de financement disponibles.
Le principe fondamental : le résident paie en priorité
C'est la personne âgée elle-même qui doit, en priorité, financer son séjour en maison de retraite avec ses propres ressources. Cette règle s'applique à tous, qu'il s'agisse d'un EHPAD médicalisé ou d'une résidence autonomie.
Les ressources mobilisées comprennent d'abord les pensions de retraite (régime de base et complémentaire), les éventuels revenus locatifs ou de placements financiers, ainsi que l'épargne personnelle. Si nécessaire, la vente de biens immobiliers peut également être envisagée pour couvrir les frais d'hébergement.
Le défi ? En France, la pension de retraite moyenne s'élève à environ 1 500 € nets par mois, tandis que le coût moyen d'un EHPAD varie entre 2 000 € et 3 500 € par mois selon les régions. Ce décalage important explique pourquoi de nombreuses familles doivent chercher des solutions complémentaires.
Les aides publiques : trois piliers pour alléger la facture
Heureusement, plusieurs aides publiques cumulables peuvent considérablement réduire le reste à charge des résidents et de leurs familles.
L'Allocation Personnalisée d'Autonomie (APA) en établissement
L'APA en établissement est une aide essentielle qui prend en charge une partie du tarif dépendance facturé par l'EHPAD. Pour en bénéficier, il faut avoir 60 ans ou plus, résider en France de façon stable et régulière, et présenter un niveau de perte d'autonomie correspondant aux GIR 1 à 4 (évalué par le médecin coordonnateur de l'établissement).
Le montant de l'APA dépend des ressources du résident et du tarif dépendance de l'établissement. Un point important : l'APA ne couvre jamais l'intégralité du tarif dépendance. Un "ticket modérateur" reste toujours à la charge du résident, calculé en fonction de ses revenus.
Cas particulier pour les petites retraites : si vos revenus sont inférieurs à 2 799,19 € par mois en 2025, vous ne payez que le tarif dépendance le plus faible (tarif GIR 5-6), et l'APA prend en charge la différence. Cette mesure protège particulièrement les personnes aux ressources limitées.
Les aides au logement (APL et ALS)
Les résidents en EHPAD peuvent bénéficier d'aides au logement versées par la CAF :
- L'Aide Personnalisée au Logement (APL) pour les établissements conventionnés
- L'Allocation de Logement Sociale (ALS) pour les autres établissements
Ces aides, calculées en fonction des ressources et du montant du loyer, représentent en moyenne entre 150 € et 400 € par mois, réduisant d'autant la facture d'hébergement.
L'Aide Sociale à l'Hébergement (ASH)
L'ASH est une aide départementale de dernier recours destinée aux personnes âgées dont les ressources sont vraiment insuffisantes pour couvrir leurs frais d'hébergement.
Conditions d'attribution strictes :
- Avoir plus de 65 ans (ou 60 ans si reconnu inapte au travail)
- Résider en France de façon stable et régulière
- Être hébergé dans un établissement habilité à l'aide sociale
- Avoir des ressources inférieures au coût de l'hébergement
L'ASH peut couvrir la totalité de la différence entre les ressources du résident et le coût de l'hébergement. Le département laisse généralement au résident au minimum 10 % de ses revenus, et en aucun cas moins de 124 € par mois.
Attention aux contreparties : l'ASH est récupérable sur succession (au-delà d'un certain seuil), sur les donations effectuées dans les 10 ans précédant la demande, et peut entraîner une contribution des obligés alimentaires.
L'obligation alimentaire : quand la famille doit contribuer
Lorsque les ressources personnelles du résident et les aides publiques ne suffisent pas, la famille peut être sollicitée au titre de l'obligation alimentaire.
Qui sont les obligés alimentaires ?
Selon les articles 205 à 207 du Code Civil, l'obligation alimentaire concerne :
- Les enfants et petits-enfants (descendants directs)
- Les gendres et belles-filles (sauf si leur conjoint et leurs enfants communs sont décédés)
Cette obligation est réciproque : elle s'applique aussi bien des parents envers leurs enfants que des enfants envers leurs parents.
Bonne nouvelle : dans le cadre d'une demande d'ASH, les petits-enfants et leurs descendants sont désormais dispensés de l'obligation alimentaire. Seuls les enfants directs peuvent être sollicités.
Comment est calculée la contribution familiale ?
Le montant de la contribution de chaque obligé alimentaire est fixé en fonction de ses ressources propres et de sa situation personnelle (charges de famille, autres obligations alimentaires, situation professionnelle). Une répartition équitable entre les différents obligés est recherchée.
En cas de désaccord au sein de la fratrie, le juge aux affaires familiales peut être saisi pour fixer la contribution de chacun et garantir l'équité.
Les avantages fiscaux
Les sommes versées au titre de l'obligation alimentaire peuvent être déduites des revenus imposables. Cette déduction fiscale permet d'alléger le coût réel de la contribution pour les enfants aidants.
Pour le résident, les frais d'hébergement en EHPAD ouvrent droit à une réduction d'impôt de 25 % des sommes versées, dans la limite de 10 000 € par an. Un avantage non négligeable pour optimiser le financement.
Les solutions patrimoniales pour compléter le financement
Au-delà des aides publiques et de la solidarité familiale, plusieurs stratégies patrimoniales peuvent être envisagées :
La vente ou la location du domicile : mettre en location la résidence principale génère des revenus complémentaires mensuels. La vente permet de disposer d'un capital immédiat, avec exonération fiscale sur la plus-value de la résidence principale.
Le viager : vendre en viager permet de percevoir un bouquet (capital initial) et une rente viagère mensuelle, tout en conservant parfois le droit d'usage du bien.
Le prêt viager hypothécaire : cette solution permet d'emprunter sans remboursement du vivant, la dette étant réglée au décès sur la succession.
L'anticipation patrimoniale : donations-partage, démembrement de propriété, rachats d'assurance-vie... Ces stratégies doivent être mises en place suffisamment tôt, idéalement avec l'accompagnement d'un notaire. Attention au délai de 10 ans pour éviter la récupération sur donation dans le cadre de l'ASH.
Organiser le financement sereinement
Estimer le reste à charge : avant l'entrée en établissement, utilisez les simulateurs en ligne disponibles pour calculer précisément votre reste à charge après déduction des aides.
Aborder la question en famille : organiser une réunion familiale pour discuter sereinement du financement permet d'éviter les conflits ultérieurs. Une convention familiale écrite peut formaliser la contribution de chacun.
Se faire accompagner : les assistantes sociales des hôpitaux et des EHPAD, les CLIC (Centres Locaux d'Information et de Coordination) et les conseillers Zenior sont à votre disposition pour vous guider gratuitement dans vos démarches.
Anticiper les délais : les demandes d'APA, d'APL et d'ASH nécessitent des délais de traitement. Idéalement, lancez ces démarches dans les 2 mois suivant l'entrée en établissement pour bénéficier d'une prise en charge rétroactive.
Cas particuliers à connaître
Pour une personne sous tutelle : Si votre proche fait l'objet d'une mesure de protection juridique, le financement de l'EHPAD suit les mêmes règles, mais c'est le tuteur qui effectuera les démarches administratives.
Lors d'un départ en maison de retraite : Découvrez toutes les aides au départ en maison de retraite pour faciliter cette transition importante.
En résumé
Le financement d'une maison de retraite repose sur trois piliers complémentaires : les ressources personnelles du résident en priorité, les aides publiques cumulables (APA, aides au logement, ASH), et en dernier recours la solidarité familiale via l'obligation alimentaire.
Si chaque situation est unique, des solutions existent pour chaque budget. L'essentiel est d'anticiper, de bien s'informer sur ses droits, et de ne pas hésiter à solliciter les professionnels qui peuvent vous accompagner dans cette étape importante. Chez Zenior, nos conseillers vous aident gratuitement à trouver l'établissement adapté à votre budget et à constituer vos dossiers d'aides. Parce que bien vieillir, c'est aussi pouvoir le faire sereinement, sans angoisse financière.
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