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Paiement de maison de retraite : quelle répartition entre les aidants ?

Lorsque votre parent âgé entre en maison de retraite, la question du financement s'impose rapidement comme une préoccupation majeure. Entre les frais d'hébergement, le tarif dépendance et les différentes charges, la facture mensuelle peut vite atteindre plusieurs milliers d'euros. Si les ressources de votre proche ne suffisent pas à couvrir ces dépenses, vous vous retrouvez face à une question délicate : comment répartir équitablement le reste à charge entre les membres de la famille ?

Cette situation, à la fois financière et émotionnelle, concerne de nombreuses familles françaises. Entre obligations légales, critères de calcul et négociations familiales, le sujet du paiement et de sa répartition peut rapidement devenir source de tensions. Dans cet article, nous vous expliquons le cadre juridique de l'obligation alimentaire, les critères qui déterminent la contribution de chacun, les modalités pratiques de répartition et les solutions disponibles en cas de désaccord.

Comprendre l'obligation alimentaire : le fondement légal de la répartition

Qu'est-ce que l'obligation alimentaire ?

L'obligation alimentaire est un principe juridique ancré dans le Code civil français, plus précisément dans son article 205. Ce texte établit un devoir de solidarité entre les membres d'une même famille : les descendants (enfants, petits-enfants) doivent subvenir aux besoins de leurs ascendants (parents, grands-parents) lorsque ces derniers ne peuvent plus le faire par leurs propres moyens.

Il ne s'agit pas d'une simple obligation morale, mais bien d'une contrainte légale. Cette obligation alimentaire couvre les besoins essentiels de la personne âgée : nourriture, logement, vêtements, soins médicaux... et donc, naturellement, les frais d'hébergement en établissement spécialisé lorsque le maintien à domicile n'est plus possible.

Qui est concerné par l'obligation alimentaire ?

Les obligés alimentaires de premier rang sont les enfants du résident, qu'ils soient enfants biologiques, adoptés en filiation plénière ou même, dans certains cas, adoptés en filiation simple. Tous sont tenus de participer au financement des frais de leur parent, dans la mesure de leurs capacités financières.

Les gendres et belles-filles peuvent également être sollicités, mais leur obligation cesse automatiquement en cas de divorce ou de décès de leur conjoint (l'enfant du résident). Cette particularité peut parfois compliquer les calculs de répartition lors de recompositions familiales.

Les petits-enfants ne sont appelés à contribuer qu'en second rang, c'est-à-dire uniquement si les ressources des enfants s'avèrent insuffisantes pour couvrir les besoins de leur grand-parent.

En revanche, les frères et sœurs, oncles, tantes, neveux et nièces ne sont pas tenus par l'obligation alimentaire. La solidarité s'exerce uniquement dans le cadre de la lignée directe ascendante et descendante.

Quand l'obligation alimentaire s'applique-t-elle ?

L'obligation alimentaire n'intervient que lorsqu'il existe un reste à charge, c'est-à-dire lorsque les ressources propres du résident ne suffisent pas à couvrir les frais d'hébergement en EHPAD.

Pour déterminer ce reste à charge, on calcule la différence entre le coût total de l'hébergement et l'ensemble des ressources disponibles : pension de retraite, Allocation Personnalisée d'Autonomie (APA), aides au logement (APL ou ALS), et éventuellement d'autres revenus (loyers, revenus du patrimoine).

C'est souvent dans le cadre d'une demande d'Aide Sociale à l'Hébergement (ASH)  que la question de la répartition entre obligés alimentaires devient formelle et contraignante. Le département évalue alors les ressources de chaque membre de la famille pour fixer leur contribution respective.

Les critères de répartition des frais entre les aidants

Le principe : une répartition proportionnelle aux ressources

La loi est claire : chaque obligé alimentaire doit contribuer en fonction de ses moyens financiers. Il ne s'agit donc pas d'une répartition égalitaire (par parts égales), mais d'une répartition équitable, proportionnelle aux capacités de chacun.

Cette approche vise à éviter qu'un enfant aux revenus modestes ne soit écrasé par une charge financière trop lourde, tandis qu'un autre, plus aisé, ne participerait que symboliquement. L'objectif est de préserver le "reste à vivre" de chaque obligé : la contribution ne doit pas mettre la personne en difficulté financière ni compromettre ses besoins essentiels et ceux de sa propre famille.

Les éléments pris en compte pour calculer la contribution

Plusieurs critères sont examinés pour déterminer la capacité contributive de chaque obligé alimentaire :

Les revenus : tous les revenus sont pris en compte - salaires, pensions de retraite, revenus fonciers (loyers perçus), allocations, prestations sociales, etc. C'est le revenu net imposable qui sert généralement de base de calcul.

Les charges : le calcul tient compte des charges incompressibles de chaque obligé. Un crédit immobilier, un loyer élevé, des frais médicaux importants ou le nombre d'enfants à charge viennent réduire la capacité contributive.

La situation personnelle : le chômage, une maladie grave, un handicap, une situation de surendettement sont autant d'éléments qui peuvent justifier une réduction, voire une exemption de la contribution.

Le patrimoine peut également être pris en compte, mais de manière nuancée. La propriété de sa résidence principale n'entraîne généralement pas d'obligation de vente pour contribuer, mais des biens immobiliers locatifs ou une épargne importante peuvent être considérés comme des ressources mobilisables.

Ce qui n'est PAS un critère de répartition

Il est essentiel de comprendre que certains éléments, même s'ils peuvent sembler injustes émotionnellement, ne sont pas juridiquement pris en compte dans le calcul de la répartition :

  • La proximité géographique : habiter près de son parent et lui rendre visite régulièrement ne dispense pas de l'obligation financière
  • L'investissement personnel : le temps consacré aux soins, aux démarches administratives, à l'accompagnement quotidien n'est pas un critère de modulation de la contribution
  • La qualité des relations passées : avoir été plus ou moins proche de son parent affectivement n'influence pas le calcul (sauf manquements graves avérés)
  • Les aides déjà apportées : avoir hébergé son parent, l'avoir aidé financièrement avant l'entrée en EHPAD ne réduit pas l'obligation actuelle

Cette dimension peut être source de frustration pour les aidants qui se sont investis personnellement, mais le droit considère que l'obligation alimentaire est indépendante de ces éléments affectifs ou pratiques.

Les modalités pratiques de répartition du paiement

La répartition à l'amiable : l'idéal familial

La solution la plus harmonieuse consiste à organiser une discussion familiale ouverte et transparente. Réunissez tous les obligés alimentaires pour établir ensemble un budget prévisionnel précis : coût mensuel de l'EHPAD, ressources du parent, reste à charge à répartir.

L'avantage d'un accord amiable est sa flexibilité : vous pouvez décider ensemble de moduler les contributions selon les situations de chacun, prévoir des ajustements en cas d'évolution (perte d'emploi, naissance d'un enfant), et même tenir compte de critères "extra-juridiques" comme l'investissement personnel de certains.

Conseil pratique : formalisez votre accord par écrit, même si ce n'est pas juridiquement obligatoire. Un document signé par tous les participants, précisant le montant de la contribution de chacun et les modalités de versement, évite les malentendus et les oublis.

Les outils pour faciliter la gestion

Pour simplifier le suivi des paiements, plusieurs solutions pratiques existent :

  • Compte bancaire dédié géré par un membre de la famille, alimenté par les virements de chacun
  • Applications de gestion partagée des dépenses (type Tricount, Splitwise) adaptées à la situation
  • Virements automatiques mensuels vers l'établissement ou vers le membre de la famille qui centralise
  • Tableau de suivi transparent accessible à tous pour garantir la clarté des flux financiers

La répartition via l'Aide Sociale à l'Hébergement (ASH)

Lorsque vous sollicitez l'ASH auprès du département , celui-ci prend en charge la différence entre les ressources du résident et le coût de l'hébergement. Mais avant d'intervenir, le conseil départemental évalue systématiquement les ressources de tous les obligés alimentaires.

Chaque membre de la famille reçoit un formulaire à remplir, détaillant ses revenus, charges et situation personnelle. Sur la base de ces informations, le département fixe une participation pour chaque obligé , qui sera versée directement au département (et non à l'établissement). Cette procédure officialise et encadre la répartition, ce qui peut apaiser certaines tensions familiales.

Que faire en cas de désaccord entre les membres de la famille ?

Les sources fréquentes de conflits

La question du financement d'un EHPAD peut malheureusement raviver ou créer des tensions familiales. Les désaccords portent souvent sur :

  • Le montant de la contribution de chacun (sentiment qu'un frère ou une sœur "ne paie pas assez")
  • L'impression d'injustice pour celui qui s'investit quotidiennement sans reconnaissance financière
  • Des tensions anciennes qui ressurgissent à l'occasion de cette épreuve
  • Le choix même de l'établissement, dont le coût conditionne le reste à charge

Les solutions amiables

Avant d'envisager une procédure judiciaire, plusieurs options peuvent désamorcer les conflits :

La médiation familiale : un médiateur professionnel, neutre et impartial, peut vous aider à renouer le dialogue et à trouver un terrain d'entente. Cette démarche volontaire favorise l'écoute et la recherche de solutions acceptables pour tous.

L'intervention d'un tiers de confiance : notaire, avocat spécialisé en droit de la famille, ou conseiller Zenior peuvent apporter un éclairage objectif et faciliter les négociations.

Le recours au juge aux affaires familiales (JAF)

Si aucun accord amiable n'émerge, vous pouvez saisir le juge aux affaires familiales du tribunal judiciaire. Celui-ci a le pouvoir de fixer d'autorité la contribution de chaque obligé alimentaire.

La procédure démarre par le dépôt d'une requête. Tous les obligés sont ensuite convoqués à une audience où le juge examine les ressources, les charges et la situation de chacun. Il rend ensuite une décision exécutoire qui s'impose à tous. En cas de non-paiement, des mesures de recouvrement peuvent être engagées (saisie sur salaire, par exemple).

Point important : le juge peut totalement ou partiellement dispenser un obligé alimentaire si le parent a lui-même manqué gravement à ses devoirs envers cet enfant (abandon, violence, défaut d'entretien pendant la minorité...).

Optimiser le financement et alléger la charge familiale

Mobiliser toutes les aides disponibles

Avant de calculer la répartition entre obligés alimentaires, assurez-vous que votre parent bénéficie de toutes les aides auxquelles il a droit :

  • L'APA (Allocation Personnalisée d'Autonomie) pour financer une partie du tarif dépendance
  • Les aides au logement (APL ou ALS) qui peuvent réduire de 150 à 400 euros par mois la facture
  • L'ASH (Aide Sociale à l'Hébergement) pour les personnes aux ressources très modestes
  • Les réductions d'impôts : un crédit d'impôt de 25% des frais d'hébergement, plafonné à 10 000 € par an, peut alléger significativement la charge

Pour une vue complète de toutes les aides au départ en maison de retraite , consultez notre guide dédié.

Solutions patrimoniales

Si votre parent dispose d'un patrimoine immobilier, plusieurs options peuvent générer des revenus complémentaires :

  • Vente en viager de la résidence principale
  • Mise en location d'un bien immobilier
  • Prêt viager hypothécaire pour mobiliser la valeur d'un bien sans le vendre
  • Mobilisation de l'épargne tout en préservant une réserve de sécurité

Choisir un établissement adapté au budget familial

Le coût d'un EHPAD varie considérablement selon son statut (public, privé associatif, privé commercial) et sa localisation géographique. Comparer les tarifs et les prestations peut vous permettre de trouver un établissement de qualité à un prix plus abordable.

Les experts Zenior vous accompagnent gratuitement dans cette recherche pour identifier les meilleures options correspondant aux besoins de votre proche et à vos capacités financières familiales.

Conclusion

La répartition du paiement d'une maison de retraite entre aidants repose sur l'obligation alimentaire, un principe légal de solidarité familiale inscrit dans le Code civil. Cette contribution doit être proportionnelle aux ressources de chacun, en tenant compte des charges et de la situation personnelle de tous les obligés.

Qu'elle soit organisée à l'amiable par un accord familial ou fixée par le juge aux affaires familiales, cette répartition vise à garantir le financement de l'hébergement de votre proche tout en préservant la capacité contributive de chaque membre de la famille.

Face à cette situation délicate, rappelez-vous que vous n'êtes pas seul. Des solutions existent pour alléger la charge financière : mobilisation des aides disponibles, optimisation patrimoniale, choix d'un établissement adapté au budget. Et en cas de tensions familiales, la médiation ou l'intervention d'un professionnel peuvent dénouer bien des situations.

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